Une nouvelle enquête révèle que les consommateurs français sont prêts pour les emballages compostables

La loi sur l’économie circulaire entre dans sa phase finale et la Commission Européenne doit bientôt adopter des lignes directrices sur ce que signifient en pratique les dispositions concernant les plastiques à usage unique. Il s’agira notamment de déterminer si des exceptions seront faites pour les matériaux certifiés compostables pour les emballages à usage unique nécessaires, comme alternative au plastique. Concernant les habitudes et les attentes des consommateurs français en matière de gestion des déchets et des emballages, ces derniers sont tout à fait disposés à intégrer des matériaux certifiés compostables dans le recyclage de ses déchets organiques, mais va-t-on leur en donner l’opportunité ?

89% des consommateurs français pensent que davantage de nourriture devrait être emballée dans des emballages compostables plutôt qu'en plastique

Certains suivent le principe selon lequel “le meilleur emballage est celui qui n’existe pas”. Si pour certains cas, le non-emballage est le choix évident, pour d’autres, comme les produits alimentaires périssables, l’emballage reste la solution garantissant la réduction du gaspillage alimentaire et la plus petite empreinte écologique. L’emballage protège les produits frais ou secs du pourrissement et des insectes, prolonge leur durée de conservation, et fournit des informations importantes pour la vente au détail (le code barre, les ingrédients, la provenance, s’il a été cultivé selon des pratiques biologiques, etc.).

 

Quand le réemploi est possible, nous devons y consacrer nos efforts, mais lorsque cela n’est pas possible, il existe des alternatives au plastique conventionnel souple et multicouches non recyclable couramment utilisé. En effet, les emballages certifiés compostables assurent une protection identique à celle du plastique, sans la pollution.

 

88 % des personnes interrogées ont déclaré qu'elles étaient prêtes à intégrer ou qu'elles intégraient déjà des emballages compostables dans leur compost domestique ou collectif.

La bonne nouvelle c’est que les consommateurs sont ouverts à des alternatives compostables pour les emballages alimentaires indispensables, et les incorporent déjà ou sont prêts à les incorporer dans la collecte sélective de leurs déchets organiques. Si le temps incompressible consacré au processus de production du compost peut constituer un obstacle, que sont 6 ou 12 mois par rapport aux centaines d’années de subsistance du plastique, dont les substances restent dans l’environnement, s’infiltrent dans l’eau, le sol, la chaîne alimentaire et finissent au cœur de nos écosystèmes ?

 

Cette inclinaison vers des emballages alternatifs semble donc se renforcer.  En 2018, 79 % des personnes interrogées se disaient prêtes à considérer et à traiter les emballages compostables comme les biodéchets.

 

En France, seuls 29% des plastiques sont en fait recyclés, dont seulement 4% des emballages souples. C’est dans ce type de situation que l’emballage compostable présente des atouts. Dans les conditions de température et d’humidité spécifiques aux composts et définies par les normes, la transformation de cet emballage apporte du carbone dans le sol en transformant le carbone organique en carbone minéral. Ces matériaux ont déjà été utilisés très concrètement pour aider à la collecte et au recyclage des biodéchets qui seraient autrement incinérés à Milan, par exemple, où l’introduction de la collecte sélective et des sacs compostables a permis de récupérer près de 70 % des biodéchets ménagers.

Pour revenir à l’étude, on constate que les consommateurs français sont prêts à dépenser plus pour s’assurer que leurs emballages seront durables et respectueux de l’environnement : 65 % des sondés sont prêts à payer plus cher pour des produits emballés dans des emballages compostables, dont près d’un quart (23 %) se disent prêts à payer 3 à 5 % de plus.

 

Côté usage : 93% des Français interrogés disent trier leurs déchets ménagers et 45% compostent déjà leurs restes alimentaires ou leurs déchets organiques. À ceux-ci, s’ajoutent 44% qui utiliseraient le compost si on leur en donnait les moyens. En effet, un tiers des personnes interrogées ne compostent pas par manque de place, d’infrastructures, etc.

 

Enfin, plus de la moitié des personnes interrogées (54%) ont également déclaré ne pas savoir qu’il leur sera obligatoire de trier leurs déchets organiques dans une poubelle dédiée (poubelle brune) au plus tard le 01/01/2024. Tout en accueillant positivement cette nouvelle, ces derniers demandent plus d’information sur le sujet.

Pour autant, de plus en plus de municipalités mettent en place la collecte des biodéchets, 17 % des personnes interrogées déclarent effectivement que la collecte a déjà été mise en place dans leur ville.

 

« Les Français sont prêts – et ont déjà commencé – à changer leurs habitudes en matière de gestion de leurs déchets. En fait, les Français sont peut-être même plus prêts que leurs voisins britanniques : selon une étude similaire réalisée par TIPA au Royaume-Uni en juillet, 69% des consommateurs britanniques pensent que davantage de nourriture devrait être emballée dans des emballages compostables, alors qu’ils sont 89% à le penser en France. De plus, les Français sont encore plus disposés que les Britanniques à payer plus cher pour des produits alimentaires emballés dans des emballages compostables. Ces résultats nous ont également confirmé que le public français recherche des solutions durables, et uniquement les emballages nécessaires », conclut Daphna Nissenbaum, co-fondatrice de TIPA corp.

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Methodology

Cette étude a été réalisée par Ipsos.Digital auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes de 18 à 65 ans, interrogées par internet et résidant en France, entre le 23 et le 27 novembre 2020. Voir les résultats complets ici.

Notes :

Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec) :

  • La loi s’articule autour de quatre grandes orientations consistant à mettre fin au gaspillage pour préserver nos ressources naturelles, à mobiliser les industriels pour transformer nos modes de production, à renforcer l’information des consommateurs ainsi qu’à améliorer la collecte des déchets et à lutter contre les décharges illégales.
  • La France est l’un des pays d’Europe occidentale les moins performants en matière de collecte et de tri des emballages.
  • Les fabricants qui conçoivent leurs produits dans le respect de l’environnement recevront un bonus sur la contribution qu’ils versent pour la gestion et le traitement de la fin de vie de leurs produits. À l’inverse, les fabricants qui n’intègrent pas l’éco-conception dans leur mode de production verront cette contribution augmenter avec un malus.
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